vendredi 10 janvier 2014

Najat Vallaud et le féminisme

J'ai eu mon premier enfant en école d'ingénieur.  L'absence de procédure, de loi couvrant les mères-étudiantes, de statut conciliant les deux états m'ont montré que l'élite féminine ne doit pas se reproduire.  Au nom de l'égalité, on nie sa possible maternité.
Aujourd'hui je suis diplômée et mère au foyer par choix. Je constate à nouveau le mépris dont font l'objet les mères. Alors qu'il y a plus de mères au foyer que de professions libérales (au hasard, toutes les épouses de ces messieurs avocats et médecins, auquel on rajoutera toutes les autres... ), il n'y a même pas de case "mère au foyer" sur vos formulaires.
Vous nous méprisez donc, et cherchez à nous sortir de notre misère sociale. Soit.

J'aimerais comprendre votre logique : Les femmes doivent travailler. Pour cela nous payerons donc d'autres femmes, mais pauvres celle-la. La femme riche doit travailler, la femme pauvre doit garder les enfants des autres. Libérons les femmes du schéma femme=gosses, mais que les riches.

Nous sommes en France, ce pays a le taux de natalité le plus élevé d'Europe. J'y ai longuement réfléchi et voilà mon analyse : c'est parce que les femmes ont le choix. C'est parce que je croyais que ce serait facile que j'ai eu mon premier enfant en plein milieu de mon cycle ingénieur (et je m'étais lourdement trompée, mais passons). Les crèches sont nombreuses, les assistantes maternelles également, l'Etat subventionne le secteur de la petite enfance au 3/4, et c'est bien. L'école maternelle à 3 ans est également un levier fort. On comparera avec la situation de l'Allemagne qui ne prend pas en charge les enfants toute la journée, et seulement après 6 ans. Les femmes savent qu'elles peuvent concevoir sans que cela ne pénalise trop leur travail. A contrario, je vais prendre l'exemple de la Russie : Dans ce pays, les mères, souvent divorcées ou célibataires, subissent une pression économique qui ne leur permet pas le luxe de rester au foyer. J'ai parlé avec plusieurs d'entre elles (puisque je vis actuellement en Russie), et j'ai entendu plusieurs fois, que c'est une grande fierté pour un mari que de permettre à sa femme de s'occuper au foyer de son enfant. Seuls les plus riches le peuvent.
Les femmes russes adorent leurs enfants. Elles en ont en général qu'un seul. La natalité est un problème démographique majeur de ce pays qui a pourtant mis en place des mesures financières incitatives.

Si vous voulez que la France garde ce merveilleux avantage, il faut que vous continuiez à permettre aux femmes d'avoir le choix. Pas l'obligation. Le choix.

Et puis si au passage vous pouviez vous attaquer au caractère dégradant de la femme au foyer, plutôt qu'au statut en lui même, ce serait très féministe de votre part.

2 commentaires:

  1. franchement, envoie lui comme lettre, j'adore ! J'avais pas fait le lien : femme pauvre/femme riche en France, celle qui garde les gosses... loool c'est trop ça, j'adore ta façon de penser ! Mais on peut être mère au foyer et travailler, il suffit d'avoir un job qui prend genre 2/3 h maxi par jour, et qui paye super bien, bref ! suite de mon aventure dans 6 mois, je verrai bien.

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  2. @Alison : C'est vrai que les temps partiels sont une bonne chose aussi. (Et les temps partiels qui payent bien encore plus. Mais bon, tout le monde à est la recherche d'un truc qui paye bien). Merci pour ton commentaire très gentil :)

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