mardi 31 décembre 2013

Stylo bic et poussette

Les russes sont gentils. Si. Vraiment. Ils le sont quand ils me forcent à leur laisser porter mes valises parce que je voyage seule avec deux enfants et trois sacs. Ils sont gentils quand une adolescente me dit "vous êtes très belle" en français pendant que j'attends à la douane à minuit, sans maquillage, les yeux cernés et complètement échevelée. Ils sont gentils quand après que j'ai cherché pendant dix minutes un stylo bic pour remplir mon document d'entrée dans le territoire, un policier s'approche, me prête son stylo et remplit à ma place les documents pour mes fils pendant que je fais le mien. Ils sont gentils quand ils portent ma poussette dans les escaliers du metro.

Mais les chats russes sont méchants. Ils attendent toute la journée devant la porte de l'immeuble, le regard torve et le poil râpeux. En bas de chez moi il y a un chat de garde. Un chat qui a feulé et qui a fait le dos rond quand mon fils, grand amoureux des félins, a essayé de lui dire bonjour. Un chat qui est assis à la même place, dans le froid, à toute heure du jour et de la nuit.

Méfiez-vous des chats russes.

Et au fait. Bonne Année 2014.


vendredi 1 novembre 2013

Vacances de Maman

J'aimerais tellement transposer la maternité en métier. Je m'en suis rendue compte le jour où mon mari disait que si son boulot ne lui plaisait pas, il démissionnerait. Voilà, voilà, moi, mon boulot ne me plait pas du tout en ce moment et je peux pas vraiment démissionner. Mais je peux prendre des vacances. Bizarrement, mes vacances de maman, j'ai toujours les enfants, mais au moins je n'ai plus la maison à gérer. Je suis chez mes parents. Je peux me contenter de débarrasser ma table, ranger ma chambre et puis c'est tout. Et surtout je suis avec ma petite soeur. En ce moment c'est le projet Amy Boostman qui nous occupe. (Elle a fait une chanson et un fan-film de Hunger Games avec mon père)
Puis hier c'était Halloween. On a mangé des gateaux en regardant Hocus Pocus, le tout déguisé à la va-vite.



samedi 19 octobre 2013

Mon progrés personnel

Mon progrés personnel est un genre de petit bouquin qui te fait lire plein de choses, te fixer des buts et t'améliorer là où t'en a besoin (ou pas). C'est un truc mormon pour ceux qui connaissaient pas. Comme j'ai travaillé pendant un moment chez les jeunes filles, je devais le faire avec elles. Et j'ai essayé de le finir avant mon départ. A l'heure où je vous parle, je dois encore apprendre une poésie en Russe pour demain et finir un site/blog pour la prévention du suicide... (Je vous ferais une petite vidéo de moi avec mon poème, vous zallez voir, le Russe c'est moche, même quand ça rime).

Sinon j'ai fait un tas de gâteaux, j'ai essayé d'arrêter de critiquer en l'absence des intéressés et j'ai appris à faire des recettes au tapioca. Et j'ai aussi fait de la couture mormone. Comprendre, retoucher des vêtements qu'on trouvait trop canon dans le magasin, mais qui sont pas pudique pour un sous. Cela dit, la couture mormone c'est une petite joueuse face à la couture musulmane, qui galèrent encore plus que nous pour s'habiller. Je voulais me la péter mannequin mais quand je me suis retrouvée dans mon jardin, j'ai eu peur de passer pour une folle... Donc voici... mes escaliers. Où personne ne pouvait voir mes petites minauderies (puis j'avais pas le temps, deux enfants autour dont un qui voulait poser avec moi ET avoir du maquillage sur les yeux -"mon chéwi, le maquillage c'est pour les filles. T'es sur ? Bon alors je peux te faire un oeil en maquillage plutôt" mon fils a un oeil dessiné à l'eyeliner sur le front à l'heure où je vous parle).

Alors, voici l'oeuvre n°1
 Et l'oeuvre n°2

dimanche 22 septembre 2013

Suite assurance sf

Je devais avancer sur mon projet d'entreprise. La bonne nouvelle c'est qu'en parler autour de soit ouvre des portes insoupçonnables. C'est ainsi qu'une amie qui lisait ce blog m'a fait rentrer dans un groupe, qui maintenant comporte 1000 personnes et qui parle justement de ce défaut d'assurance des sage-femmes. Un groupe secret facebook. Le genre d'endroit que je n'aurais jamais pu approcher si j'étais restée dans mon coin.

Dans ce groupe j'ai appris notamment d'où vient le problème, pourquoi aucune assurance ne propose de produit adapté et surtout, que mon projet a déjà été tenté par le passé.

Ça c'est la bonne nouvelle. La mauvaise, c'est que je sais où ça bloque mais que je ne sais pas encore comment débloquer et que la situation est en train de devenir très urgente.

jeudi 22 août 2013

Compte rendu de la semaine

J'ai demandé à deux personnes pourquoi il n'y avait pas de produit d'assurance civile accessible. Les réponses sont un peu évasives et forcément pas représentatives.

La réponse du contact pour l'assurance Belge (sage femme) :
"C'est en effet une question de législation .
La légistation en France est différent de celle en Belgique .
En cas de procédures , ça donne des difficultés .
En plus, je crois que  les statistiques des dommages , concernant les accouchements à domicil , ne sont pas bien en France.
Les compagnies d'assurances se protègent toujours!!  
Bien à vous,"
 
 La réponse du courtier en assurance Français :
"il faut d'abord regarder le contenu exact des contrats  ; que couvrent ils précisément ? Du fait qu'il s'agisse d'un profession règlementée (en France) les contrats proposés par les Cies françaises s'appuient sur cette règlementation, d'autre part les plafonds d'indemnisation notamment pour la Responsabilité Civile Professionnelle ne sont certainement pas les mêmes...
La notion de rentabilité n'est pas anodine non plus dans la mesure ou les montants des primes calculées par les assureurs français sont étroitement liés au risque et à l'analyse de la sinistralité de cette profession. Il est également important de regarder les exclusions dans le contrat Belge."
 
J'ai commencé aussi à faire un petit résumé en mode macro-économie. A publier dès qu'il est fini.
A faire pour la prochaine fois : 
-Poser la même question au syndicat des Sages-femmes...
-Trouver un logo et un nom pour mon projet

Cette semaine je me suis dit "hey, et si je devenais une bombe en piano", "hey, si je faisais un doctorat en Sociologie sur les femmes au foyer" et "hey, et si j'achetais une ruine de 19m² et que je la retapais pour en faire un studio étudiant"
Et ma mère m'a appelée en me disant "hey, t'as écris un roman, tu te bouges les fesses pour les dernières corrections et tu l'envoies à un éditeur" -_-

jeudi 8 août 2013

Présentation du projet

En résumé : En France, les sages-femmes qui souhaitent pratiquer l'accouchement à domicile se heurtent à un important problème d'assurance civile. L'idée est de créer un produit répondant à ce besoin.

C'est en général très mauvais signe quand il n'y a pas de concurrent. Cela signifie que soit la demande n'existe pas, soit que la demande n'est pas solvable. Dans un premier temps, je vais donc essayer de comprendre le contexte.

Le Bureau Central de tarification (organe qui évalue à quel prix on ne peut pas vous refuser une assurance obligatoire), évaluait le montant de l'assurance à 22.000 € (1)
Or en Belgique, on trouve une solution dont le maximum est de 995€ (2)

Prochaine recherche à faire :
-Poser la question à un assureur français (pourquoi ne sont-ils pas capable de produire des produits similaires à ceux de la Belgique par exemple ?)
-Poser la question à un assureur belge (pourquoi ne peuvent-ils pas assurer les accouchements sur le sol français ?)

(1) http://ciane.net/blog/wp-content/uploads/2013/01/AssurancesAAD-Ciane2013.pdf (vérifié le 8/09/13)
(2) http://www.sage-femme.be/sages-femmes/votre-association/assurance-medicale/ (vérifié le 8/09/13)


La moitié du plan A

Après un sévère coup de déprime en mode j'aime pas être mère au foyer et je suis une mauvaise mère au foyer, pourquoi continuer sur cette voie là ? Je me suis rappelée que mon plan A c'était d'être mère et entrepreneure. Du coup peu-être que c'est normal que je rate la moitié du plan si je ne le mets pas en marche dans son ensemble.

Donc numéro 1 dort (et numéro 2 pédale dans mon lit), il est temps que je mette en place un plan de bataille. J'ai toujours peur de parler de mes projets parce que je sais qu'en cas d'échec je serais morte de honte. Seulement, peut être qu'en parler m'aidera à avancer et à tout faire pour ne pas mourir de honte -puis il y a la vieille peur que quelqu'un passe par là et vole l'idée... Une prof de marketing nous disait que les idées ne nous appartenaient pas, qu'elles étaient dans l'air du temps et que si on gardait tout ça bien secret sans rien en faire, quelqu'un finirait par le faire à notre place.

Alors je me lance. J'ai une idée. On en est au 1% d'inspiration. (J'en ai cinquante mille en vrai, mais j'en ai choisi qu'une pour le moment).



Je commence donc. Peut être que je ferai un compte rendu de mes avancées toutes les semaines. On verra.

mardi 6 août 2013

Vacances

L'abominable cousin est de retour

Ma mère et Tibère

Sortie à Lectour avec ma mère et ma soeur

Jardin de rue à Lectour
Bon, trois semaines de vacances chez mes parents où je me suis sentie tellement bien.

vendredi 14 juin 2013

J'aime mes gosses

...alors je les prend en photo pour vous montrer à quel point ils sont bow (j'ai fait du super travail n'empêche). Bon, comme dit feu mon arrière grand-mère : La beauté, ça se mange pas en salade. Et comme le dit aussi ma mère, même la maman cafard trouve son petit mignon. Après ce bref instant d'humilité, reprenons le sujet principal de ce poste : Vous refourguer toutes les photos de ma magnifique progéniture.

Ils sont beau et ils savent voler

Il est beau

Ils sont beaux et s'entendent tellement bien (sisi, je vous dis)

Il est beau ET il est intelligent, sa maman ne se sent plus de joie...

Il est beau et plein d'amour. (En vrai il est en train de lui enfoncer un doigt dans l’œil
)

vendredi 7 juin 2013

Fleurs de Bach, pipi au lit, depression et allaitement

Ca c'est un titre élégant...
Je suis une scientifique, j'ai jamais été trop branchée médecine parallèle. Sauf qu'un jour, ma mère a décidé de se former pour être consultante fleurs de Bach. Les fleurs de Bach c'est non seulement de l'homéopathie, mais en plus c'est de l'homéopathie pour traiter tes états d'âme et tes blocages psy. Du coup, je lui ai d'abord servi de cobaye puis que j'en ai redemandé, je vais vous faire un petit compte rendu.

Mon fils numéro un a fait une énorme régression quand Tibère est né. Je passais ma journée à essuyer les pipis par terre, à laver les draps mouillés et même, oh joie, à découvrir pourquoi c'est plus facile de jeter une couche sale, que de laver un slip plein de caca. C'était vraiment, vraiment, pas la joie. On avait énormément parlé de la venue du bébé avec lui et en plus il l'adorait (bisous sur les pieds, "c'est mon bébé" et autres trucs trognons). Alors après deux mois affreux, j'ai pensé à ma mère et je lui ai demandé de voir Seth et son problème de pipi. J'avais la foi (ou j'étais désespérée), à peine consciente que mon fils parlait si mal qu'elle ne pourrait pas parler avec lui de ses soucis.

Elle a sorti ses cartes, des photos qui illustraient chacune des fleurs, et lui a simplement demandé de lui montrer sa préférée, la plus jolie de toutes les fleurs. Et ça a été tout. Il a choisi le chèvrefeuille, la fleur du regret d'un temps qui ne reviendra plus. Si il n'avait fait que choisir son diagnostique, tout seul, comme un grand, j'aurais déjà été impressionnée. Le fait est qu'il a arrêté son cirque en une semaine. Et qu'il a soudain commencé à parler.

Mais revenons à cette consultation, où je voyais mon fils choisir parmi trente-huit possibilités le diagnostique que je connaissais déjà. Par jeu, je me suis demandée quelle serait la fleur qui me parlerait le plus. Et alors que je passais les cartes, j'ai été subjuguée par la petite fleur de châtaigner. J'avais presque l'impression de pouvoir en toucher les contours. Je l'ai montrée à ma mère qui a haussé les épaules en me disant qu'on l'appelait aussi "la nuit noire de l'âme", que c'était pour les dépressions profondes. Je n'ai fait le lien qu'une heure plus tard, quand j'ai eu mon Nième épisode D-mer.

J'ai mis du temps à me décidé, le syndrome ne passait pas et me pourrissait la vie. Ça fait deux semaines, la première a été épouvantable, pire que les autres. Ces trois derniers jours, j'ai commencé à sentir les manifestations physiques plus rarement et moins intensément. J'ai toujours ce syndrome, mais je m'étonne de ne plus sentir de désespoir quand ça arrive.

Et enfin, parce que c'est dans le titre, depuis le début de mon allaitement, j'ai fait des engorgements à répétition (pour celles qui ne connaissent pas, je résume : le sein n'évacue pas assez le lait qu'il produit, se congestionne, s'infecte, la fièvre monte et on reste cloué au lit pendant un jour ou deux, ça nécessite des antibiotiques en cas de fièvre). Ma mère m'a parlé d'une des théories de Bach qui prétendait que le corps gérait bien les infections et autres problèmes tout seul, mais que quand on bloquait psychologiquement sur certaines épreuves, il ne faisait plus son job. Je l'ai écoutée, on a discuté et elle essayé de m'aider à trouver quel problème pouvait conduire à un engorgement chronique ensuite j'ai pris le "traitement". Pas d'antibiotique, plus d'engorgement.

J'ai l'impression de vendre une potion contre la calvitie. "Ça marche, c'est incroyable, approchez braves gens". J'ai aucune idée de comment c'est possible. J'ai un fort doute sur le fait que ce ne soit qu'un effet placebo étant donné l'expérience avec Seth. Pour moi les fleurs de Bach peuvent être une piste. Par contre, vu mon expérience, je désapprouve complètement les mélanges types qu'on nous vend aujourd'hui : Vous êtes déprimé, prenez donc un mélange de celui pour le deuil, celui pour la colère et ces dix autres fleurs (ça tombera forcément sur ce dont vous avez besoin en ce moment). Au mieux un conseiller (ils suivent une formation) ou au visu comme moi et mon fils l'avons fait. Je suis convaincu que nous avons en nous la connaissance de ce qu'il nous faut, tout comme nos goûts alimentaires nous poussent vers les agrumes quand on manque de vitamine C par exemple. Ça n'a rien de mystique pour moi.

Pour ceux qui le souhaitent, voici le lien d'une consultante en fleurs de Bach qui travaille sur Toulouse.

mercredi 29 mai 2013

Dysphorie du reflexe d'éjection

On va parler allaitement, mais pas comme d'habitude. Aujourd'hui, j'avais envie de parler de moi et de mes petits soucis en mode "pauvre de moi, je suis malaaaaaaade, je souuuuuuuuuffre". Voilà, je souffre depuis deux mois de dysphorie du reflexe d'éjection, un trouble mental, hum, de l'humeur. On va appeler cette chose un D-mer, c'est la version anglaise (Dysphory of Milk Ejection Reflex).

Pour faire simple, vous-vous souvenez de la sensation physique que vous avez eu quand bidule vous a largué pour sortir avec machin ? Ou encore quand on vous a appris le décès de votre père ? Ou que vous avez raté un examen important que vous étiez sûre d'avoir réussi haut la main ? Bref, ce truc dans le ventre. Voilà. Je ressent ça des dizaines de fois par jour. Et même quand on sait ce que c'est, il y a un réflexe pavlovien qu'on ne peut pas maîtriser : A chaque fois que ça arrive, une idée négative se forme à l'instant.

C'est un bête processus physique : Mon corps se prépare à fabriquer du lait, hop sécrétion pro-lactine associée à une chute du niveau de dopamine (deux substances ennemies). Chez les allaitantes normales, la dopamine descend tranquilou. Chez les D-mereuses, c'est le grand plongeon.

C'est devenu magique : La discussion que je suis en train d'avoir me semble tout d'un coup puérile ? Ou alors j'ai un mauvais pressentiment ? Ou bien je me dis que j'y arriverais jamais ? (à faire une omelette, à monter mon entreprise, à élever mes gosses sans qu'ils deviennent psychopathe, faites votre choix). Je compte jusqu'à vingt. PAF ! Je ressens cette sensation caractéristique de la montée de lait (plein de petites aiguilles dans les seins... ) et j'ai des gouttes de lait qui commencent à perler.
Le bon coté de la chose, c'est que j'ai pu faire croire pendant cinq minutes à mon mari que je faisais sortir du lait à la demande pendant un bain romantique (oui, je sais, c'est un tour de magie super romantique). Wé, voilà, c'est le seul bon coté de la chose.
Le mauvais c'est que neuf fois sur dix, le toubib a jamais entendu parler de ce truc et vous diagnostique un bon gros post-partum. Sauf que surprise ! Les anti-dépresseurs n'ont aucun effet sur le D-mer.

Et même si je sais ce que c'est, même si j'arrive parfaitement à identifier quand ça me tombe dessus, je ne peux rien faire. Me motiver, prier, essayer de penser à des choses positives... Ça ne marche pas. Mon D-mer m'a appris que la dépression et ses copines étaient des maladies, au même titre que le rhume ou l’intolérance au gluten. C'est ni une question de force, ni une question de manque de foi ou de motivation. J'ai repoussé le traitement qui marche d'habitude sur moi (vitamine B6) parce que j'avais envie de faire un test : Les fleurs de Bach. J'ai commencé hier, je vous dirai si ça marche :)

Taguée !

J'ai été taguée par Salwa ! Petit exercice blogguesque :


1 – Remercier la blogueuse qui m’a nominée en ajoutant le lien sur mon blog.
2 – Ecrire 7 choses sur soi
3 – Nominer 15 blogueurs de son choix en les prévenant par un commentaire
4 – Editer le logo et les règles dans l’article 




* Je suis maman de deux enfants
* Dans ma vie, je suis allée trois fois chez le coiffeur et puis c'est tout (et ça se voit)
* J'écris des histoires
* Je veux monter ma boite
* J'ai peur de monter ma boite
* La dernière idée de boite que j'ai eu envie de développer, c'est logistique en territoire extrême par ballon dirigeable, ah tiens, non, ça c'était l'avant dernière, c'est transport de marchandise par péniche (suis dans ma période "logistique et répondre à la pénurie énergétique et je veux une entreprise steam-punk parce que c'est rigolo")
* Je souffre de dysphorie du réflexe d’éjection et ça me gave un max (prochain article)

Bon, j'ai pas trop de bloggeuse que j'ai pas déjà tagué par le passé :-( alors j'arrête la chaine là.

vendredi 17 mai 2013

Cisor sister

C'est une vieille histoire, j'avais gardé les photos en me disant que ça ferait un chouette article sur ce grand classique que toutes les mamans ou presque affrontent un jour. Bien sûr je pourrais raconter dans le menu détail ce qui s'est passé, mais à quoi bon, c'est un accident tellement universelle. Il était une fois une paire de ciseau et un petit garçon qui trouvait ça follement rigolo.


La suite vous la connaissez, j'ai pris le rasoir de monsieur mari et je lui ai fait une coupe de bagnard. Traumatisé ? Non, ravi, la première chose qu'il a fait a été de rejoindre Tibère et de déclarer fièrement "j'ai des poil de tête comme bébé Tibère". Splendide. Sans doute la perspective de me marrer en rédigeant une note de blog m'a empêchée de piquer une méga colère.

jeudi 18 avril 2013

Petite réflexion de mère qui veut entreprendre...

Sur facebook, je suis Sheryl Sandberg (parce que j'adore son brushing... Non, en fait c'est pas pour ça) et il y a pas longtemps elle a partagé un article qui m'a beaucoup parlé en tant que mère. C'est dans un monde comme ça que je voudrais vivre, je vous traduis le titre :

Comment Dave Goldberg, de SurveyMonkey, a construit une entreprise qui gagne des Milliards de Dollar et continue d'être chez lui à 17h30


Ceux qui veulent lire l'article, c'est ici : http://firstround.com/article/How-Dave-Goldberg-of-SurveyMonkey-Built-a-Billion-Dollar-Business-and-Still-Gets-Home-By-5-30

Alors je vous résume un peu ce qu'on y lit. Le bonhomme a déjà fait une précédente boite en bossant toute la semaine, dix-huit heure par jour, sans se donner de vacances. Et ça n'a pas marché.

Ce qu'il dit, c'est que dans une grosse entreprise qui a beaucoup de croissance, il faut des profils expérimentés. Et fatalement, ces profils, ont très souvent une famille à charge. Alors il fait tout pour que l'entreprise soit famille-friendly. Et comme Dave est très intelligent, il a remarqué que les gens écoutent plus ce qu'on fait que ce que l'on dit. Alors si le patron se barre pour être chez lui à cinq heure et demi, les autres employés comprendrons qu'ici c'est pas des heures qu'on attend d'eux.
Deuxième exemple fort : Il a embauché un des gros bonnet de sa boîte alors qu'elle était à quatre mois de grossesse.

Autre façon de manager aussi : Peu de réunions. Il déclare avoir deux réunions et demi par semaine (très très peu pour un chef d'entreprise de ce poids). Il préfère alléger son emploi du temps pour qu'on puisse venir lui parler de façon informelle n'importe quand.

Conséquence d'une telle façon de travailler : Vous embauchez les meilleurs (et pas seulement les hommes jeunes et sans famille), ça limite l'épuisement professionnel et ça rend la tâche très dure à qui voudrait débaucher vos employés (pratique courante dans la silicon valley. Une entreprise concurrente va voir directement vos meilleurs employés et leur propose un meilleur salaire pour venir chez eux. D'ailleurs Sandberg par exemple a été débauchée de chez Google pour devenir le numéro deux de facebook).

Travailler de cette façon demande deux choses : Déléguer un maximum et au plus juste (non, je ne perdrais pas mon temps à devenir graphiste, je paye quelqu'un qui sait déjà le faire et au final ça me coûte moins cher que le temps que j'y aurais passé). Et avoir des ambitions : Si j'ai dépensé de l'argent à déléguer, il faut que le business soit rentable pour soutenir cette politique.

Bref. De bonnes pensées, maintenant, au boulot.

lundi 18 mars 2013

Il est né !

Bon, comme c'était un rigolo et que c'est fini maintenant, je peux vous donner le nombre total de terme théoriques qu'on m'a annoncé pour cette petite saucisse : 4 ! Et la dernière on me l'a annoncée comme ça : Oui, alors vous croyez qu'il est juste en retard d'un jour et qu'on va vous laisser sortir gentiment, en fait il est en retard d'une semaine, alors vous restez et on vous déclenche.

Oui oui madame. Merci. Je m'en vais lui botter les fesses à ce retardataire, moi. Bref, 3kg7, 52cm, une tête un peu ratatinée à la sortie. Je vous présente le numéro 2. Il s'appelle Tibère, du nom d'un empereur romain qui voulait pas être empereur, qui s'est un peu fait pourrir par les historiens, mais qui a fait quelques trucs cool (et on oubliera les trucs pas cool, de toute façon à cette époque ils étaient tous un peu sanguinaires, débauchés, misogyne, celui là s'en est pas trop mal sorti)


Seth l'a accueilli plein d'enthousiasme (et avec une couche. Donc il est content d'avoir un petit frère mais ça le perturbe assez pour nous faire une bonne régression. On a pris ça zen).

Du genre à lui barbouiller énergiquement le visage avec un sopalin dès qu'il régurgite un peu "Le bébé ! Il vomit ! Il vomit le bébé ! C'est pas bon le vomit ! Il vomit le bébé !" (Seth est encore un poil traumatisé par son épisode vomi du mois dernier)

Donc on doit un peu protéger le bébé des attaques brutos pleines d'amour de son grand frère. La dernière en date est quand j'ai proposé qu'on aille préparer son bain ensemble et qu'au lieu de me suivre dans la salle de bain comme je le pensais, il a eu le temps d'extraire ce pauvre Tibère de son couffin et de me le trainer comme un sac de patate sur quelques mètres, le temps que j'arrive en panique. Miraculeusement, il n'y a pas eu de chute, Tibère était juste suspendu par son tricot et un peu surpris par le genre de réveil. Seth peinait sous l'effort mais ne doutait pas du bien fondé d'aller me chercher le paquet et moi j'ai serré Tibère contre moi en pleurant et en rigolant pendant cinq minutes en pensant en même temps à ce qui aurait pu se passer en l'espace de dix secondes et à la scène à laquelle j'avais assisté.

samedi 2 mars 2013

Fête d'anniversaire thème indien : Seth a trois ans !

Être mère c'est penser qu'on s'est pas foulé, alors qu'on aurait pu vraiment ne pas se fouler. Tester des trucs qu'on pense follement amusant, se rendre compte qu'en fait non. Flipper en se disant qu'il y aura jamais assez de gâteaux, devoir les finir soit-même.

Bref, Seth a eu trois ans et j'ai fait ma première fête d'anniversaire. Je vous dévoile ici tout ce que j'ai fait, tout ce que je n'aurais pas dû faire et tout ce que finalement j'aurais certainement dû rajouter au planning.

Cartons d'invitation : Du papier cartonné, de la peinture et l'idée que si c'est trop pourri, ça fera un effet naïf/travaillé.

Voir le carton d'invitation fait avec amour réduit en bouilli par le gamin invité dans la seconde qui suit l'échange, rappeler par mail l'adresse et l'horaire à la maman la veille de la fête. Check.



Le déguisement : Des coiffes d'indien pour tout le monde. Matériel : Du tissu récupe, des plumes, du scotch pour les pré-assembler, et ensuite du fil et une aiguille. Je suis sûre qu'il y a un moyen moins compliqué. Mais ça par contre, je valide, ils ont aimé et on leur a attribué un nom d'indien à partir de leur animal préféré. Bienvenue Grand Dinosaure téméraire, Petit Cheval fougueux, petit lamanite (qui a pas été super loquasse sur ses animaux préférés), ainsi que Gabriel, qui a refusé qu'on l'appelle autrement que par son nom, qui fatalement était aussi son nom d'indien.




Petit cheval fougueux portant fièrement sa coiffe indienne par dessus son bonnet



Pinata : Fait avec un ballon, du papier, de l'eau et de la farine (faire cuire 5 portions d'eau pour une portion de farine jusqu'à ce que ça ressemble à de la colle à papier peint) Deux couches si papier normal. Séchage en deux jours. A faire avec l'enfant concerné et peindre à deux pour plus de fun.

Nous l'avons remplie avec des bonbons et des petits chevaux en plastique. Comme j'avais bêtement mis quatre couches comme c'était indiqué pour le papier journal, après vingt minutes d'efforts héroïques des enfants, j'ai fini par proposer qu'on lui ouvre le ventre avec un grand couteau à cette méchante pinata qui ne voulait pas partager ses bonbons. Gros fail.


Une pinata peinte avec trois nuances de rouge pour un effet délicieusement primitif ^^
Taper dedans avec un manche à balais...

Bref, la pinata faux bon plan quand on la fait comme une patate (comme moi).

Les jeux : Les trucs à bulle, recouverts de papier pour qu'ils collent avec le thème (les princesses disney étaient pas trop dans le groove). Alors, ça aurait pu être une bonne idée, si le meilleur bulleur n'était pas aussi le meilleur renverseur, si l'un des enfants n'avait pas fait la semaine précédente une pneumonie (et donc avait le souffle d'un petit mouton neurasthénique) et si enfin, l’intérêt de l'activité n'avait pas duré moins de quatre minutes (à part pour le meilleur bulleur qui du coup s'est retrouvé tout seul à faire des bulles).

Par contre, le jeu que je n'avais pas prévu et qui a super bien marché : éclater les ballons en sautant dessus. Voilà donc les règles du meilleur jeu de tous les temps : Lancer un ballon de baudruche en l'air, celui qui l'attrape a le droit de sauter dessus à pieds joints. Prévoir une vingtaine de ballons et vous pourrez tenir presque une heure.

Mon chef d'oeuvre
Le miam miam : Faire des gateaux au yahourt la veille avec le fiston, recouvrir d'un nappage à base de jus de citron et de sucre glace. Et rajouter un dragibus. Tadaaa. Les parents ont adoré, les enfants ont mangé... Un demi-gâteau chacun avant de courir recommencer à sauter sur des ballons et jouer aux petites voitures.
Rajoutez de la grenadine (trois ans, j'allais pas sortir le champomy, si ?) et parce que vous êtes complètement fifou, faites vous suer à confectionner des pailles funky qui n’intéresseront que vous. Complétez avec le fait que les enfants ont déjà les poches pleines de bonbons. Voilà un gouter tout à fait adapté.

Trois bougies magiques (qui se rallument aussi sec), ça par contre, très très bon investissement. Par ce que les autres en voulaient aussi, mettez-en une à souffler pour chaque invité. Durée de vie de l'animation : Le temps que prend la bougie à s'user.


En vrai ils étaient très jolis



Récapitulatif :

Budget pour normalement 6 gamins : 30€

Vaisselle en carton, paille, bougies : 6€
6 trucs à bulle : 6€
Poche de 100 ballons : 5€
Plumes : 2€
Petits chevaux en plastique pour la Pinata : 5€
Bonbons et ingrédients : 6€

Activité à faire : Pinata (mais deux couches de papier, hein !), Saute ballon, déguisement, bougies magiques.

Activité à ne pas faire : Les bulles (sauf si vraiment, votre enfant vous a montré qu'il sait buller et qu'il kiff à mort)

Voilà, c'est parti pour deux heures et demi d'anniversaire des trois ans.

vendredi 22 février 2013

Auto portrait

Ça faisait une éternité que j'avais rien dessiné. Alors j'ai profité d'une séance gribouillage pour gribouiller aussi à coté de mon fils. On va faire dans le pompeux :

Titre : Motherhood
Artiste : Floralie Resa
Technique : Stylo bic sur papier


Et celui de Rach :

 

jeudi 14 février 2013

Le rangement par le vide

Il y a un moyen efficace d'avoir une maison rangée, c'est de ne rien avoir à déranger. J'ai découvert (oui, bon, c'est pas une innovation majeure, mais c'était quand même nouveau pour moi) il y a quelques mois le principe du désencombrement. Y avait tout un tas de sympathiques bloggeuses musulmanes (hors sujet, mais il s'avère que c'était dans ce coin-là de la blogosphère) qui se sont motivées ensemble pour désencombrer leur maison semaines après semaines.

A l'époque je l'ai fait et j'ai rempli plein de sacs poubelles. Adieu le fameux cendrier à vis IKEA et autres trucs complètements indispensables. Mais j'avais pas touché à la chambre de mon fils.

Et là, comme je suis en plein instinct de nidification (article juste avant), je suis rentrée dans la chambre de Seth pour trouver ça :

Il avait vidé un bac pour trouver une figurine qu'il cherchait. Je l'ai lâchement installé devant un épisode de cailloux, j'ai pris une valise et une poubelle et j'ai jeté tous les trucs cassés. Ensuite j'ai mis dans la valise les jouets avec lesquels il ne jouait pas... A ressortir pour le suivant quand il sera en âge d'en profiter (super article de Rachel sur le recyclage de jouet dans une fratrie).

Voilà, donc bien sûr, conseil de base, donné par ces éclairées désencombreuses musulmanes : On ne désencombre JAMAIS en présence du mari ou des enfants.

mardi 12 février 2013

Instinct de nidification ?

L'instinct de nidification pousse tout un tas d'animaux à préparer la venue d'une portée en préparant un nid. Que ce soit un nid de chaussette (votre chienne bien aimée), un trou dans la sciure (les hamsters), ou un truc en plume et en branche (les oiseaux)... Mais il semblerait que ça touche aussi les humains... Hum... Ou alors je suis un fox terrier. 




Je suis une catastrophe du ménage, un monstre du bazar. Quand j'étais petite, ma mère m'avait mise dans la chambre de ma sœur jumelle très ordonnée pour qu'elle me montre le bon exemple, ça s'est fini par une contamination dans le sens inverse.

Entre temps je suis devenue mère au foyer, et j'ai bien dû apprendre à gérer le foutoir, parce que la maison est aussi devenu mon lieu de vie principal... Fatalement, on finit par saisir l’intérêt de ranger quand on vit dans le Bronx H24. Mais là, je rentre dans mon neuvième mois, et ça fait trois mois que je ne dors plus la nuit. Alors lentement, mais surement, le linge en attente de traitement et la poussière (et la moisissure de salle de bain) gagnaient du terrain malgré l'aide du gentil mari.

Alors expliquez-moi, comment, pourquoi, je me suis retrouvée armée de mon aspirateur, d'une vieille brosse à dent et d'une éponge. Comment en deux jours, le linge en retard, la salle de bain, la cuisine et même... la voiture ! se sont retrouvés briqués du sol au plafond, rangés, pliés, triés (je tiens à dire que ça fait à peu près cinq ans que je jure qu'un jour, je nettoierai cette poubelle qui nous sert de voiture... Cinq longues années, elle a eu le temps d'être prêtée au beau-frère, de revenir avec nous, de changer de batterie, de pneus et j'en passe, sans voir le bout d'un début de petite toilette de chat).

Et aujourd'hui ma mère m'a appelée pour m'annoncer le décès de mon arrière grand-mère.

C'est bon, j'ai compris. Seth est né une semaine après le décès de mon autre arrière grand-mère et j'avais à l'occasion été prise d'une incompréhensible envie de nettoyer mon bac de douche dégoûtant. Il y a pas à chercher, le numéro deux pourrait bien arriver dans pas longtemps. Et je suis une tueuse de mamie armée de brosse à dent (meurtre à distance par brosse à dent, vous connaissez ?) Je crois qu'on réfléchira à deux fois avant de lancer le suivant, parce que dans la liste des aïeux, je tiens trop aux suivants.
 Alors ranger, nettoyer et classer, je veux bien, mais si il faut que j'en bute un à chaque fois, ça va pas le faire.

lundi 4 février 2013

L'école à la maison

J'ai fait l'école à la maison pendant mon année de CM1 pour une sombre histoire d'administration tordue (en résumé : Maman ayant des enfants dispatchés dans trois groupes scolaires différents de la ville, sans cantine parce que mère au foyer, avec des tout petits non-scolarisés... Vous voyez un peu le tableau ? Merci la mairie)
et puis j'ai une amie qui s'y intéresse de près et pense le faire l'année prochaine.

Donc je connais un peu le concept. J'en entends parler de temps en temps, je sais que c'est un repère d'hippys rigolos, à mon époque tout du moins c'était le cas (j'avais des copains qui vivaient dans des tipis, n'avaient jamais porté de chaussures ou un autre encore qui avait des cheveux longs jusqu'aux fesses à dix ans et dont le père était philosophe. Pas prof de philo, non, philosophe, pendant la journée, il philosophait dans son salon, ou dans le jardin... Ils rentraient pas tous dans les cases quoi.

Alors mon fils est pas spécialement surdoué, pas sous-doué non plus, ni traumatisé par la vie en collectivité, et comme je suis très fatiguée par ma grossesse, l'idée de le mettre à la maternelle dès qu'il serait propre m'avait enthousiasmée. Juste avant qu'un terrible sentiment de culpabilité m'assaille : "Tu veux t'en débarrasser, c'est ça, hein ?!" Et en dehors de ça, j'avais comment dire... Très peur de ce que je vois autour de moi dès que je sors. On habite un peu la zone et ici les gamins ont déjà la coupe de racaille de papa à 6 mois et s'insultent fort dans la rue du haut de leur 80 cm. Alors la carte scolaire, c'était pas le problème de "je cherche les groupes élitistes et bourgeois" mais plutôt "comment sortir de ce ghetto"... Nous avons réfléchi avec mon mari et avons décidé de faire confiance à nos sentiments mitigés. Il aura très bientôt trois ans, est presque propre et on ne l'inscrira pas.

Et bien figurez-vous que l'école maternelle a déjà un programme officiel, oui madame. Alors maintenant, c'est très sérieux, j'ai un grand cahier et on fait l'école à la maison. Ça doit nous occuper une heure par jour pour aborder tous les points, d'ailleurs, je pourrais très bien ne pas faire ça spontanément, mais certaines activités rentrent maintenant dans une case. Pour le moment c'est pas très organisé, je me dirigerai bien vers une logique pédagogie Charlotte Mason.

jeudi 24 janvier 2013

éloge de la maternité

Je suis devenue mère au foyer. Pas par goût (je déteste les enfants), pas par nécessité (j'avais des offres d'emplois très intéressantes sans postuler), pas non plus par envie de rester avec lui (je supporte très bien qu'il soit gardé si ça n'excède pas 35 heures par semaine). Je suis devenue mère au foyer par foi.

Ça a été une révélation, au sens littéral du terme, quelque chose de spirituel. J'ai ressenti que ma tâche, la première, c'était d'être mère au foyer. Pour ceux qui ne croient pas en Dieu, ça parait débile. Pour ceux qui ne croient pas en Dieu et qui me connaissent ça tient de la bêtise profonde. (Un peu comme si Mikael Vandetta nous disait que sa carrière télévisuelle lui avait été inspiré par messager divin... Vous voyez un peu ?)

J'ai rapidement compris que si j'avais eu une expérience spirituelle aussi forte, c'est parce que j'allais en avoir besoin pour tenir. Je me suis beaucoup améliorée, mais dire que les débuts ont été faciles reviendrait à penser que la dépression est un état de bonheur absolu. En fait c'est toujours difficile et non, je prends pas encore de Valium.

Il y a des gens qui pensent que les mères au foyer sont une bande de petites bourgeoises, valorisées par leur statut dans des milieux vieux jeu. La vérité c'est que celles qui ne sont pas raides dingues de leurs gosses ne tiendraient pas deux semaines (et puis y a moi aussi, la mère ourse sans une once d'instinct maternel, qui avait besoin que Dieu vienne lui dire "tu seras mère ma fille, et au foyer d'ailleurs"). Non, la bourgeoisie ne considère pas que la maternité à domicile c'est cool. C'est la loose, la méga loose. Si on ne le faisait pas nous-même, on paierait le SMIC une nana qui n'a même pas son bac pour faire ce job. Et le pire c'est qu'elle serait fichue de le faire mieux que nous (en tout cas dans ma situation, c'est presque une évidence).

Je me souviens de cet échange avec cette femme magnifique, là on parle pas de petite bourgeoise, c'était une grande bourgeoise. Blonde, les cheveux au carré, qui va à la messe et porte des perles, mariée à un polytechnicien, mère de cinq ou six petits blonds type sergent major. Je me sentais humiliée juste d'exister à côté d'elle. On discutait et je lui demande "et toi ? Tu travailles ? Tu fais quoi ?" Je venais de parler avec sa sœur, expatriée, chevalière au doigt et poste en ressources humaines de niveau national dans un grand groupe français.

Elle a souri de ses grandes dents blanches et elle m'a répondu : "Je fais du chant lyrique au conservatoire... Et j'élève nos cinq (ou six) enfants. J'aime beaucoup chanter, c'est un projet que je trouve intéressant... Et j'élève nos cinq (ou six) enfants, je trouve ça important : je suis là, je gère la maison et eux aussi..."

Et j'ai eu peur. Peur de moi dans dix ans, quand peut-être je porterai des perles (o_O) et quand je répondrai à "tu travailles ?" par un mélange confus entre le hobbie le plus prestigieux que j'aurais pu trouver et la justification que ça me parait important d'être mère au foyer.

Si une femme de cette envergure ne se sent pas valorisée par le fait d'être mère au foyer, je me demande de quelle petite bourgeoisie on parle. De quel confort ? Non, celles qui font ça le font parce qu'elles aiment leurs enfants et cette façon de les élever ou parce qu'elles n'ont pas le choix.

A chaque fois que je me surprend à penser que ce que je fais sert à rien, que je suis la dernière des looseuses, je me force à penser à ma mère. Elle a fait des erreurs, des tonnes d'erreurs dont elle s'excuse encore aujourd'hui. Mais elle a été une mère extraordinaire, ce qu'elle a fait n'a pas de prix et quelque part, si je la considère comme une grande dame pour toute l'abnégation qu'elle a montré, mon rôle doit pas être si pouilleux que ça.

Et je pensais à tout ça, et je me disais, tiens, c'est comme les agriculteurs : Ils nourrissent la planète et ont à peine de quoi vivre. Tout comme les filles qui éduquent nos enfants dans les crèches qui sont traitées comme de la main d’œuvre non qualifiée. Nous avons renié les bases de notre société : élever le peuple de demain et nous nourrir. Nous avons considéré que c'était une tâche ingrate et subalterne, au point que des mères pensent qu'elles n'ont pas de valeur et parlent de chant lyrique. Au point que je suis obligée de m'auto-convaincre parce que c'est pas du tout une évidence. Je vous sortirai pas le plan "je suis cuisinière-femme de ménage-institutrice-comptable-dresseuse de fauve-teletubbies" Ce genre de discours fait juste partie de ce que des femmes se donnent comme excuse pour exister là où elles sont même pas dans la case "demandeur d'emploi". Comme moi qui m'oblige à me rappeler ce qu'a été ma mère pour arrêter de m'insulter.

Et pardon pour toutes les mamans qui bossent. C'est mon malêtre, je voudrais pas que vous vous sentiez insulté par cette complainte de la mère au foyer.