mercredi 13 juin 2012

Le jour où je me suis transformée en Brie Van De Kamp

J'ai commencé ce blog quand j'étais au fond du seau. Je me disais que je voulais voir l'évolution, passer d'ingénieur trapue à maman chevronnée. Puis j'avais envie de faire pleins de photos quand j'aurai un intérieur merveilleux.

C'était le début de ma nouvelle vie, celle pour laquelle j'avais fait un sacrifice qui me semblait terrible (vous avez pas fini d'en entendre parler, je crois que je m’excuserai toujours d'être mère au foyer d'un "mais j'étais ingénieur avant !")

Bref, j'ai commencé, ma maison était d'un bazar sans nom, je n'arrivais à gérer mon fils nul part, je culpabilisais souvent pour les horribles pensées que j'avais quand j'étais à bout. Bref, j'avais pas trop envie de décrire ma merveilleuse vie de mère au foyer ratée. Forcément, je savais que les gens qui n'avaient pas d'enfant ne comprendraient pas comment on pouvait avoir envie de taper un enfant aussi mignon que mon fils, et que ceux qui en avaient me diraient un "chut, c'est un secret". Du coup, du fond de mon seau, je pouvais que prier pour avoir de l'aide. Et puis il s'est passé quelque chose. Mon père céleste a répondu à ma prière d'une façon tout à fait inattendue : Il m'a envoyé vivre une semaine chez des amis pendant un déplacement (un déplacement professionnel de maman, cela va de soit. Non, en fait c'était pas professionnel) et ça a été ma première leçon de maman, prise chez cette copine qui est une super maman (mais elle ne le sait pas).

Ensuite j'ai commencé à lire le livre de mormon tous les matins. J'avais désespérément besoin d'avoir la présence du Saint Esprit pendant la journée, donc lecture des écritures : le matin. Ça m'a apporté beaucoup de force pour l'étape suivante : Celle du ménage.

N'allez pas croire, j'ai vraiment le témoignage que le ménage est une sorte de service rendu aux prochains de son foyer. C'était important pour moi. J'avais compris qu'au delà d'une heure de ménage/vaisselle/rangeage/lessive, j'avais l'impression d'avoir cassé des cailloux toute la journée sous le soleil du Texas. Donc j'ai été généreuse avec moi même : Je ne ferais ni plus ni moins qu'une heure de ménage par jour. J'ai fait ma liste et ma semaine a commencé avec une heure de balais-serpière dans toute la maison (non contente d'être une mère abominable, je suis très lente pour les tâches ménagères), le lendemain seulement je laverai la salle de bain dégoutante, et le sur lendemain je m'attaquerai à la pile de linge salle qui se sauvait de la corbeille.

La première semaine donc a été zen. Je me levais, lisais mes écritures, faisait mon heure de ménage et après je trainais sur internet, je jouais avec mon fils, je lisais des bouquins.

Et la semaine suivante, j'ai découvert que magiquement, la maison était devenue toute propre et toute rangée et j'ai passé qu'une demie-heure pour ma tâche de la journée. L'autre demie-heure je l'ai passé à me faire une coiffure de folie. J'ai alors compris un vieux conseil que m'avait donné ma grand-mère que je trouvais débile à l'époque, qui était de ranger au fur et à mesure et je lui ai écrit un mail.

Et puis j'ai fait de la déco intérieur, je commence à aimer jouer avec mon fils, j'ai commencé à cuisiner, j'ai planté des trucs dans le jardin et le voisin m'a dit hier que j'avais bien de la chance d'avoir un petit garçon aussi obéissant.

Ma couleur rousse part en live, mais je me sens übber Van De Camp. Et pour finir, comme tout bon blog de maman, des photos...

Je l'ai trouvé trop mignon sagement assis à écouter son père s'entrainer.

Oui, je sais, l'arrière c'est pas vraiment déco. Il me reste du travail pour cette partie de la maison :) Mais c'est le plus beau sourire de photo de Seth, alors je la met ici.



8 commentaires:

  1. Qu'est ce qu'il est mignon,il a vachement grandi!!

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    1. Non, c'est un leurre. C'est la photo qui fait ça, en vrai il est toujours aussi petit...

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  2. J'avoue que je ne comprends pas bien ton choix. Ce n'est pas le fait d'être mère au foyer. Mais le fait de te l'imposer plus ou moins parce que cela ne semble pas vraiment coller à ton tempérament.
    Mais tu sembles tout de même en train d'apprivoiser cette activité alors bonne continuation !

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    1. J'étais très anti-maternité quand j'étais ado, avec ma meilleure amie on se disait qu'il était hors de question qu'on ait des enfants, qu'on deviennent de grosses baleines pendant neuf mois, etc. Pour nous les mères c'était d'horribles vaches laitières aigries et pantouflardes.

      Et puis j'ai muri et j'ai vu tout ce que ma mère avait fait pour la famille. Je l'avais détestée pour un tas de raisons et tout d'un coup je me rendais compte de tout ce que je lui devais. C'est arrivé au même moment que ma décision de me tourner d'avantage vers Dieu. Ça a été une révélation. En fait ça a été une révélation très étrange. J'ai ressenti très puissamment qu'aussi brillante que je pouvait être, ma mission était d'élever une personne encore plus brillante qui arriverait sur terre après moi. Ça peut paraitre terriblement basique ("mon fils/ma fille est un être exceptionnel(le)") et je ne me l'explique pas. Mais on peut dire que comme les nones, j'ai eu la vocation. Je vois vraiment ça comme une mission, tout comme ce que ma mère a fait, je le considère comme étant une grande œuvre.

      Bref, ma maternité c'est une histoire de foi. Je savais que foncièrement je n'ai aucune qualité maternelle. Je n'aime pas les enfants, je suis désordonnée, impatiente. Mais je savais aussi que ce serait une période de ma vie où je devrais supplier Dieu de me donner toutes les qualités que je n'avais pas. Parce qu'au fond, s'il m'avait donné la mission d'être mère, il me donnerait les moyens de le faire. Mon fils n'a que deux ans aujourd'hui, mais j'ai déjà fait tellement de progrès. J'imagine que quand j'aurais l'impression de maîtriser, le suivant arrivera, etc.

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    2. Je comprends mieux avec cette notion de foi. Mais je trouve que si justement on n'est pas épanoui là-dedans, on n'apporte pas le meilleur à son enfant. Personnellement je suis restée auprès de ma puce jusqu'à ses 9 mois puis j'ai travaillé à 80%, puis à 100%(euh, même plus)... Et je suis persuadée d'une chose, ma qualité de présence est aussi important que la quantité. Je ne sais pas si c'est bien claire ce que j'écris. Mais bon, j'ai vraiment l'impression de donner un maximum à ma puce et, oui, la journée elle est chez sa nounou mais je ne crois pas que cela nuise en quoi que ce soit à ma "mission" auprès d'elle. Elle est ma priorité totale. Je veille à lui consacrer du temps, de la patience, des joies, des calins... Mais tu vois, je crois que je suis un peu comme toi. Ca ne serait pas naturel pour moi de me consacrer à ma vie de mère sans avoir une vie professionnelle. Après, c'est un autre challenge que celui de concilier tout cela.Mais lutter contre son naturel, c'est bizarre. Ceci dit, je ne suis pas croyante, alors, forcément, une partie de l'explication m'échappe.
      Allez, justement je bosse un peu puis je vais chercher ma chipie et aller regarder le poulain du coin comme je 'lai promis ce matin. On a de petits (grands) bonheurs avec ces petits bouts !

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    3. Oui, ça aussi c'est un gros challenge de concilier les deux (des fois je me dis que c'est ces mamans qui sont le plus méritantes, parce que c'est vraiment un truc de malade des fois)

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  3. Ton message est intéressant car il montre que nous n'avons pas toutes, nous les femmes, cette fibre maternelle, cet instinct, de façon innée. Parfois c'est en nous et il faut effectivment demander l'aide de notre Père Céleste pour que ca se développe. Je ne me suis jamais posée la question de savoir si je l'avais ou pas cet instinct. Pour moi ca faisait partie de ma vie que d'avoir des enfants et j'ai toujours voulu être là le soir quand ils rentraient de l'école, pour faire leur goûter avec eux. Je suis reconnaissante d'avoir la possibilité de la faire - mais je suis convaincue aussi que le Seigneur nous permet d'avoir cette possibilité quand nous en avons le désir et même si on ne voit pas comment ça pourrait être possible.

    Le fait de lire le Livre de mormon chaque matin et de prier m'aide aussi beaucoup (je ne le faisais pas au début) et ton expérience est édifiante car elle montre le avant et le après. L'impatience est toujours quelque chose que je dois travailler et éliminer petit à petit. Je ne dirais pas que je n'aimais pas les enfants mais parfois je me sens bizarre par rapport à toutes ces mamans douces, patientes et aussi gaga de leur gamin. Je ne suis pas comme ça et ces mères-là m'horripilent dans un sens... (les gagas surtout...). Mais j'ai toujours l'objectif d'être plus calme et plus "gentille".

    J'avais vu une émission sur France 2 ("C'est au programme") une fois avec une rubrique sur les mères dépassées par leur "mission". Une femme avait écrit un livre sur cette vie difficile et le fait que c'était "tabou" d'en parler. C'est rare de dénoncer cette situation car aux yeux de tous, la maternité est le plus beau métier du monde! et on n'a pas à s'en plaindre... Ce dont je suis sûre c'est que c'est notre rôle le plus sacré mais ça n'enlève pas le fait que l'on peut péter un câble:) heureusement que Dieu fait partie de ma vie car sans lui je n'aurais pas ce soutien qui m'aide à avancer.

    PS: l'émission n'est plus visionnable mais voici le lien des infos de cette rubrique avec le titre du livre et d'autres :
    http://cestauprogramme.france2.fr/index-fr.php?page=article&id_article=5431

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    1. Elle a raison cette maman, c'est un gros tabou.

      Mais sinon je valide, j'ai dû doubler mes prières après la naissance de Seth. Merci d'avoir échangé sur ton ressenti et la façon dont tu percevait le fait d'être mère.

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