mercredi 7 janvier 2015

L'hiver, les végé-mormons mangent de la viande, ou pas

J'avais expliqué comment je suis venue à devenir végétarienne au moins pour trois saisons par an après une révélation.
Maintenant qu'il fait froid, où j'en suis ?
Pour rappel, un texte religieux mormon explique qu'on ne devrait manger de la viande qu'en temps de famine, de grand froid, ou l'hiver, mais avec modération et action de grâce.
Mon mari a pris ça au sens très strict, quand la neige a commencé à tomber à Moscou (en plein automne dirons-nous) il a déclaré joyeusement que c'était fini pour lui et a recommencé à manger de la viande.
J'ai voulu l'imiter, mais bizarrement, je n'en avais pas envie. La viande ne me faisait pas saliver, je lui trouvait une drôle d'odeur. Une odeur de viande.
Du coup, je suis toujours végétarienne.

Ma mère a envahit nos repas de son nouveau régime, le régime des groupes sanguins. Selon ce régime le groupe A (le mien) est végétarien, et le groupe O (celui de mon mari) doit consommer de la viande.

mercredi 17 décembre 2014

Pourquoi mon appareil photo a ruiné mes souvenirs

J'ai eu mon premier appareil photo il y a des années et j'ai cherché à faire des belles images.
Seulement voilà. La photographie comme un art (la recherche du beau) a peu à voir avec la fabrication de souvenirs.

I-La photo absorbe notre énergie pour les choses moins importantes
Que faisons nous quand nous sommes trop occupés à essayer de faire de belles images au lieu de profiter d'une promenade en famille ?
C'est pour ça que je ne prend plus mon appareil photo quand je visite un nouveau lieu, quand je passe du temps avec ma famille. C'est pour ça que j'ai détesté faire des photos au mariage de ma sœur. J'ai fait des images, des souvenirs, d'un jour où en réalité, j'étais occupée à faire des images et des souvenirs.

II-La photo nous fait prendre des personnes pour des fleurs
Quand je suis à la recherche de l'image parfaite, les gens m'importent peu. Ce que je veux, c'est déclencher au moment où ils font la bonne expression, dans le bon cadre. Il y a sur ce blog une série d'image que je trouve sympa, et qui a une histoire terrible. On y voit mon fils avec un chapeau en papier sur la tête, qui rigole, le chapeau tombe. La vérité c'est qu'il a passé de longues minutes à poser, que le chapeau ne tenait pas en place, que je lui ai crié dessus et qu'à la fin, il a pleuré. Des jours plus tard, j'ai regardé ces photos, honteuse, et je me suis demandée si je devais les publier. Je l'ai fait, j'ai écrit un titre qui ne reflétait pas vraiment la réalité. Non, ce jour là, personne ne s'amusait, je n'avais pas fait ce chapeau pour mon fils, mais pour mon ego. Tout ça pour prendre une photo d'une incroyable banalité, qui ressemble à toutes les photos de bloggeuse maman.

III-La belle photo efface nos souvenirs
Je suis tombée hier sur des photos que je n'avais jamais publiées, parce qu'elles étaient banales, pas cadrées, pas nets, pas recherchées. Pourtant il s'agissait des photos à la maternité, de rires de mon fils sur le vieux canapé moche de nos première années, de mon mari qui dormait. Il y a deux longues années non documenté dans ma vie, parce que j'étais trop triste pour faire des belles photos et que les photos du quotidien ne valaient pas la peine à mes yeux d'être publiées.

IV-La photo sera tuée par son abondance
Nous en faisons tant, que nous n'en sommes pas rassasiés. Il y a toujours une photo qui sera plus réussie. Nous faisons une cinquantaine de clichés avec la même pose, le même décors, la même histoire. Nous savons que nous avons droit à l'erreur. Et parce qu'il y en a trop, nous ne faisons plus attention, nous ne les imprimons plus. Un jour tous nos supports numériques seront devenus obsolètes, les données seront perdues. Et au lieu des milliers de clichés que nous croyions posséder, il n'en restera plus un seul. Nous sommes en train de fabriquer une génération qui n'aura de son enfance aucune image, parce qu'elles auront toutes disparues dans le plantage d'un ordinateur ou la perte d'un compte de stockage en ligne.

IV-La photo change la façon dont nous nous voyons
Nous n'aimons plus les photos où nous fermons les yeux, où nous parlons, où nous sommes juste nous. Les enfants d'aujourd'hui ont appris à poser. Ils détectent la présence d'un objectif et s'adaptent. Nous sommes devenu des gens qui se contemplent de l'extérieur. Je déteste me trouver moche à cause d'un angle que je juge peu flatteur. Alors que c'est juste un arrêt sur image, de moi. Pourquoi serais-je laide à un instant seulement ? Et pas à un autre ? Nous avons cessé de nous voir comme une personne vivante, mais comme une image, qui sous une certaine lumière, une pose et avec un certain maquillage donne le meilleur de nous-même. Nous valons plus que ça, nous sommes plus qu'une machine à extraire des images. Nous sommes des êtres humains qui bougent, interagissent, parlent et rient.

J'ai du mal à séparer les deux. Je devrais sans doute acheter un petit appareil compact. Je saurais qu'il n'est destiné qu'à faire des souvenirs. Je saurai que les photos seront laides, bruitées, et ce sera avec ce partie pris que je documenterai notre vie. Peut-être devrais-je limiter mes photos à 10 par an. On les tirera sur papier, et on sera sûr, que c'était des moments importants, où nous nous sentions bien et où nous n'étions pas simplement beaux à regarder sur un blog de maman ratée.

Il parait que mon fils adore ce chapeau, il parait que je lui ai fait parce qu'il adore les chapeaux. Cette photo est la pire que j'ai fait en tant que mère...

vendredi 5 décembre 2014

Ce qui révolutionne vraiment l'éducation




J'aime beaucoup la conclusion : Ce qui fait la qualité d'un professeur est sa capacité à challenger ses élèves, les motiver pour qu'ils se mettent à apprendre, produire l'effort intellectuel pour comprendre. Et surtout, qu'il se sente unique. Ce qu'une vidéo, une animation ne fait pas.

Ça me rappelle tous ces élèves qui ne se sentent pas encore très uniques dans ma classe parce que je n'ai pas encore retenu leur prénom... Malheureusement pour eux, si je suis très physionomiste, ma mémoire des noms est absolument naze. Voilà une chose sur laquelle je vais devoir travailler dur :D

lundi 1 décembre 2014

La chaîne de l'accouchement serein

Alison est thérapeute et se spécialise particulièrement sur l'accouchement. Elle m'a beaucoup aidée pour ma dernière grossesse. Ce que j'aime c'est comme elle parle de la partie émotionnelle de la maternité et son intuition en général. Et puis surtout, c'était la première fois que je lisais les mots de quelqu'un qui alliait l’hôpital et naissance respectée et qui respectait aussi l'équipe soignante.
Cette année elle s'est lancée dans un projet de publication journalière. Deux minutes tous les jours pour se ressourcer et faire des petits défis marrants ou réfléchir. Pour une vision plus naturelle et globale de la naissance. Et puis pour toutes celles qui sont pas enceinte, comme moi et qui aime son ton frais et détendu. (Les trois premiers jours par exemple, elle a parlé de faire liste de ses rêves, de faire une déco de janvier et de faire la différence entre rêve et désir).

La chaîne accouchement serein (développement perso et nature)

La page facebook de l'accouchement serein :
Serein nature

mardi 23 septembre 2014

Un prof doit mater ses élèves

J'ai commencé à la rentrée un travail de professeur de physique chimie.

A peine avais-je annoncé la bonne nouvelle que les conseils pleuvaient. Il y avait les conseils bizarres dont celui qui disait que si j'avais une bonne hygiène corporelle, je serai une super prof (pourquoi passer un master, on se le demande, quand il suffit d'une savonnette pour enseigner les maths).

Puis surtout il y avait tout le reste qu'on résumera à "les élèves sont tous des têtes à claque, il faut les mater". Jusqu'au très sérieux "Les trois premiers mois, tu dois les terroriser, après, peut être qu'ils se tiendront bien".

Je n'y crois pas trop. Les profs qui nous terrorisaient ne nous ont rien appris. Ce que j'ai appris, je l'ai appris toute seule. Ou par un prof qui nous aimait.

Alors tous les matins, je pries, je pries pour aimer les plus turbulents, pour aimer les discrets, pour aimer ceux qui ont déjà tout capté et ont pas vraiment besoin de moi. Pour aimer tout le monde. C'est pas facile. Mais je crois que c'est quand je les aime du plus profond de mon cœur, que j'ai les meilleures idées pour capter leur attention, les faire progresser et participer.

mercredi 2 juillet 2014

Mes recherches végétariennes, la VITAMINE B12 et le caca (titre glamourissime)

J'avais annoncé notre virage végétarien sur conversion religieuse (genre conversion de convertie. Du point de vue alimentaire je suis donc devenue une mormone radicale). Seulement, être végétarien n'est pas sans risque.

Je vais parler de la vitamine B12, ou pourquoi vous devriez sérieusement y songer, même si vous n'êtes pas végétarien.


Je n'ai pas envie de faire le traditionnel résumé biologique sur la vitamine B12, personne n'a envie de savoir que ça vient de tel truc enzymachin et que le nom scientifique est un horrible latin-chimico-grec. Pour résumer, sans vitamine B12 vous perdez votre cerveau à une échéance de 7 ans et la majorité de la population est carencée. Les végétaliens le sont à coup sûr si ils ne font rien, les végétariens à presque coup sûr, et les omnivores ont une chance sur deux.

Pourquoi ? Parce que la B12 est fabriquée dans nos excréments et que c'est plus trop à l'ordre du jour de manger ses excréments (mon fils a bien tenté une fois, mais depuis, je vous jure, il le fait plus).
Les herbivores mangent de l'herbe contaminée, donc ont de la B12, les carnivores mangent les herbivores et leur B12 avec (sachez que les excréments des carnivores sont toxiques au contraire de ceux des herbivores. ça me motive pas plus pour tenter l'expérience, mais ça explique un peu mieux le comportement du règne animal)

Et l'homme ? L'homme nettoie ses légumes. Et mange des animaux élevés en batterie qui ne peuvent donc pas manger leurs excréments (ou ceux des vers de terre, c'est tout pareil pour la B12). Donc on est obligé de supplémenter les animaux avec de la B12 fabriquée artificiellement. Techniquement tous les humains mangent de la B12 qui sort de la même usine. Y a juste une partie qui la fait transiter par un steak avant.


Malgré cette supplémentation et la grande consommation de viande de l'homme aujourd'hui, la majorité des humains sont carencés. C'est un triste symptôme d'une production intensive. La supplémentation reste un moyen plutôt simple.
Donc ma grande quête maintenant, c'est de trouver de la B12 pour toute ma famille. Ici ils la vendent soit en suppositoire, soit en injection. Je préfère la version américaine par patch :) Je vous dirais quand j'aurais trouvé la bonne version.

Attention pour les végé, la vitamine B12 de la consoude, des algues, etc. n'est pas sous une forme assimilable. Et celle produite naturellement par nos intestins l'est à un stade où il n'y a plus d'assimilation, donc à moins que vous mangiez votre propre... bref... La seule B12 qui nous est profitable est fabriquée dans les excréments. Ou par des conditions reproduites en laboratoire.

mardi 17 juin 2014

Juste après l'accouchement

J'ai accouché y a un petit moment (plus d'un an), mais j'ai une petite pensée pour toutes mes amies qui viennent ou vont avoir sous peu un bébé. Le post-partum (ou littéralement après accouchement) est une période délicate où on est très fatiguée. Mais pas que. J'en profite pour vous offrir une affichette à imprimer, à mettre sur la porte de votre maison pour les deux premières semaines. (Ou à offrir à une nouvelle maman que vous connaissez).






Et sinon, voici les 10 choses que j'aurais voulu qu'on me dise avant :

1) Qu'on a une merveilleuse excuse pour ne pas faire le ménage. Que quand on nous visite et que c'est le foutoir, c'est un message inspirant qu'on offre à nos amis : "Je suis une humaine normale, comme vous".

2) Que j'allais aimer dormir autant que mon bébé. Ses siestes sont devenues mes siestes.

3) Qu'un petit bébé n'est pas vraiment crasseux, même après deux jours sans bain, parce qu'on lui essuie tellement les fesses que tout ce qui est susceptible d'être cracra est la chose la plus propre de la maison désormais.

4) Que c'est le seul moment dans sa vie sans doute, où on peut demander à TOUT LE MONDE de faire nos tâches ménagères. A commencer par notre mari si ce n'est pas déjà dans ses habitudes. Les gens offrent souvent le fameux "si y a quoi que ce soit que je puisse faire". Obéissez et trouvez une tâche à tous vos visiteurs. Étendre une machine, ou faire une vaisselle, ou balayer le salon. Appelez votre mairie aussi. Après l'accouchement vous avez droit à une aide au ménage à très très bon prix (genre 3€/h).

5) Que pleurer fait du bien. Et qu'après ce bon boulot, on mérite tellement une crise de larme salvatrice, qu'on fera presque toutes un petit baby blues (entre 1h et quelques jours de larmes revigorantes pour aucune autre raison que notre bien-être).

6) Que même si on tombe pas toute amoureuse immédiatement de notre bébé, ça viendra comme une lente et profonde histoire d'amour qui se construit doucement.

7) Et que même si on a pas eu le coup de foudre chimique pour le premier, ça pourrait nous tomber dessus pour le second et que purée, c'est épatant.

8) Que voir son ventre mou post-accouchement va nous rendre vachement profond et mature sur la beauté intérieure et ce qui compte vraiment. Et que malgré tout, après un an, on se rend compte que nos vergetures qu'on croyait avoir gagné pour toujours, sont en train de s'estomper gentiment.

9) Qu'on va avoir les seins les plus gros qu'on a jamais eu -même les seins de grossesse, c'était rien- et qu'on va être temporairement un tout petit moins mâture sur la beauté intérieure.

10) Que j'allais vraiment avoir un amour renouvelé pour ma mère en songeant qu'elle aussi a eu des hémorroïdes pour que je sois là aujourd'hui (et des fuites urinaires, et peut-être même une constipation de un mois...) love you maman !